Une mission clé pour l’avenir économique du Sénégal

Selon Jeune Afrique, les discussions ont principalement porté sur l’analyse du misreporting, c’est-à-dire les incohérences relevées dans le rapport initial sur les finances publiques sénégalaises, ainsi que sur les perspectives d’un nouveau programme économique et financier entre le FMI et le Sénégal.
Des écarts alarmants dans les finances publiques
Le rapport de la Cour des comptes, publié le 12 février, a mis en lumière une divergence majeure concernant la dette publique du Sénégal. Alors qu'elle était officiellement estimée à 25% du PIB (environ 4 700 milliards de francs CFA) à la fin de l’année 2023, l’audit indépendant révèle qu’elle avoisinerait en réalité 100% du PIB, contre 54,71% en 2018.
Cette différence avait déjà été dénoncée en septembre dernier par le Premier ministre Ousmane Sonko, qui avait accusé Macky Sall d’avoir manipulé les chiffres pour masquer la réalité économique du pays.
Le FMI suspend son programme d’aide en attendant plus de clarté

Le FMI suit cette affaire avec attention, d’autant plus que l’institution avait suspendu son programme économique avec le Sénégal, signé en juin 2023 sous la présidence de Macky Sall. Sur un montant total prévu de 1,8 milliard de dollars, 770,5 millions de dollars avaient déjà été déboursés avant la suspension.
Un porte-parole du FMI, cité par Jeune Afrique, a précisé :
"Nous n’en sommes pas à l’étape de remettre en doute l’audit de la Cour des comptes. Ce processus d’examen est une procédure standard pour tous les pays lorsqu’il s’agit de dossiers sensibles comme celui du Sénégal."Par ailleurs, avant même la publication de l’audit, le FMI avait sollicité des garanties auprès de la BCEAO afin d’obtenir une vision plus claire sur la situation financière réelle du Sénégal.
Un espoir de déblocage d’ici fin avril ?
Les autorités sénégalaises, confrontées à des besoins urgents de liquidités, espèrent une issue rapide aux discussions avec le FMI.
Selon Jeune Afrique, une solution pourrait être trouvée rapidement : le FMI pourrait accorder une dérogation permettant d’approuver le programme de 2025 dans un délai accéléré. Cette option est notamment soutenue par les partenaires diplomatiques du Sénégal, qui espèrent un décaissement d’ici fin avril.
D’ici là, une nouvelle mission du FMI pourrait être envoyée à Dakar avant la réunion du conseil d’administration de l’institution en juin, pour finaliser l’examen de la situation financière du pays.
Reste à savoir si cette issue sera favorable pour le Sénégal et si le gouvernement parviendra à regagner la confiance de ses partenaires financiers.